Au cours d’un entretien d’embauche, le recruteur étudie minutieusement l’originalité de vos réponses ou votre réaction face à la provocation ainsi que votre tenue vestimentaire. Un conseil, ne jamais se départir de son sang froid.

Etre soi-même, mais garder en tête que c’est un entretien d’embauche et non pas une discussion entre potes», c’est le premier conseil de Bouchaib Serhani, directeur général de Gesper Services RH, aux candidats. En effet, le recruteur va tout au long de la discussion essayer de détecter des failles chez le postulant. «Il ne le fait pas exprès, mais c’est son job. Donc, ne baissez jamais la garde. Ne perdez pas de vue que l’on va recruter une personne qui fera partie d’une famille, d’une culture d’entreprise, etc», conseille le DRH. Le premier réflexe du candidat doit être de mettre en évidence ses points forts, en donnant des exemples concrets de sa réussite. «Vous êtes un commercial, vous annoncez des chiffres, prouvez-les! Vous êtes un manager doté d’excellentes capacités de management prouvez-les! Ne dites pas que vous êtes ceci ou cela ou que vous avez fait ceci ou cela», prévient Serhani. Il s’agit de donner des preuves sinon de sérieuses références.
De plus, le candidat doit faire face à des questions traditionnelles auxquelles tous les concernés auront droit. C’est en répondant à ces interrogations d’une manière originale qu’il augmente ses chances de sortir du lot. Parmi ces questions, qui reviennent constamment, celle concernant ses qualités et ses défauts. Autant dire que le meilleur moyen d’y répondre consiste à donner des exemples concrets que cela soit pour les qualités ou pour les défauts. «Si vous êtes persévérant, racontez un exemple bien déterminé dans votre carrière. Si c’est le premier emploi auquel vous postulez, relatez une anecdote que vous avez vécu lors de vos études ou votre jeunesse», recommande Serhani. Pour ce qui est des défauts, le candidat peut se prévaloir de ceux qui n’inquiéteraient pas les futurs employeurs, bien que ces derniers aient tendance à douter de la sincérité des réponses des candidats. «Même si la personne est sincère et franche, je me demande si son futur employeur va y croire ou essayer encore de la coincer. C’est malheureusement une question de culture. Nous vivons dans une société de non-dit», regrette le DRH.
Toujours dans la perspective d’amener les candidats à se dévoiler davantage, certains recruteurs abordent des questions très indiscrètes, voire déconcertantes. Pour s’en sortir avec brio, le candidat doit y répondre le plus naturellement du monde, sachant qu’il n’a rien à cacher ou à craindre. Le cas échéant, il risque de tomber dans le piège des recruteurs zélés qui, à priori, cherchent uniquement à le tester. «Répondez diplomatiquement, parlant comme si vous représentiez votre pays. Un diplomate sait avaler des couleuvres! Faites comme lui! Ce n’est pas facile, mais il faut faire avec», exhorte-t-il. Il s’agit bien entendu des questions indiscrètes qui peuvent être assez directes, mais qui ne doivent en aucun cas toucher à la pudeur et au respect dû à l’autre. Mais, face à ces types d’interrogations, certains candidats perdent carrément leur sang froid, ruinant ainsi toute chance d’être sélectionnés. Un sentiment qui se traduit par de l’énervement, de l’impatience ou tout simplement par le fait qu’il montre sa démotivation pour le poste.
Par ailleurs, le candidat doit éviter des questions qui donnent l’impression à l’employeur qu’il est déjà embauché ou celles qui font trop allusion au salaire qu’il va toucher en fin de mois. A proscrire également, tout comportement qui peut faire ressortir un aspect négatif du postulant ou encore qui laisse croire qu’il est un mercenaire qui ne travaille que pour le plus offrant. Ces conseils sont valables aussi bien pour les entretiens directs que ceux effectués par téléphone. Autre paramètre souvent négligé et auquel beaucoup de recruteurs attachent de l’importance est l’habillement. Lors d’un entretien, il est recommandé de s’habiller correctement sans verser dans l’extravagance. «Il est préférable de se vêtir de manière classique: Costume/ cravate pour les hommes. Quant aux femmes, elles ont l’embarras du choix. Elles doivent tout simplement bannir les tenues fantaisistes. Ce conseil est aussi valable pour les hommes», recommande Serhani. «Si la candidate est voilée elle doit veiller à ne pas aborder un voile multicolore. Celui avec une couleur unique est plus professionnel et approprié», conclut-il.
2 Question Ã
Bouchaïb Serhani
Bouchaïb Serhani: En parlant normalement et surtout en neportant pas haut la voix. Nous avons malheureusement tendance à parler fort au téléphone. Voyez autour de vous et vous comprendrez. Si vous n’êtes pas disposés à parler, demandez à ce que le recruteur vous donne un numéro de téléphone sur lequel vous pourrez le rappeler dans 15 minutes. Ne surtout pas dire «rappelez-moi dans une heure» au cas où vous êtes en recherche active. Il n’a pas que vous en tête, sauf si vous êtes la perle rare. Je dirai que même pour ce dernier cas ne jouez jamais à la star, car la roue tourne. Restez humble on ne sait pas de quoi sera fait demain.
Quelles sont les erreurs à éviter dans un CV?
Avoir un CV multicolore, noir ou trop chargé et un CV qui dépasse deux pages. Je suis contre les CV d’une seule page surtout quand le candidat a un excellent parcours et donc risque avec une seule page de négliger plusieurs points qui font sa force. Il est même possible de copier des modèles de CV sur le net. Mais avant de les adresser à qui que ce soit, il faut les revoir avec un DRH ou un Consultant RH pour les conseils. Cette consultation ne coûte rien: Un petit e-mail et vous avez la réponse.


