Le bon compromis
Plus besoin d’aller à l’étranger pour poursuivre des études, les universités privées proposent la même formation sur place. Objectif: s’aligner sur les exigences du marché de l’emploi, la grande lacune de l’enseignement marocain.
Pourquoi faut-il toujours que les étrangers nous battent sur notre propre terrain?
L’enseignement secondaire gangrené par de nombreux dysfonctionnements continue de produire des profils peu adaptés à la réalité du marché. Mais qu’à cela ne tienne, le malheur des uns fait le bonheur des autres, en tout cas celui des universités privées qui investissent un champ laissé vacant par le système actuel. Et d’ailleurs leurs promesses font mouche: elles proposent tout ce qui manque aux entreprises, des formations adaptées à leurs exigences.
En gros, ces nouvelles universités payantes, qui ont pignon sur rue, vendent surtout leur «association» avec de prestigieuses écoles françaises et la possibilité de continuer le cursus à l’étranger. C’est le cas de l’université Mundiapolis, université privée marocaine, qui accueille la filière intégrée de Sciences Po Bordeaux. C’est la même formation que celle prodiguée en France, avec une possibilité d’échange d’étudiants. Des premières tentatives au cours des années 90 ont tout de même été probantes avec l’ESG Paris délocalisée à Casablanca, ESC Toulouse et Sup de Co Toulouse à Marrakech. Le marché marocain attise aussi les appétits des universités internationales comme la très british University of Sunderland. «L’objectif à travers cette implantation est de faire profiter le Maroc de notre expérience», déclare Ayman Nazzal, assistant du directeur général à l’université Sunderland. La formation proposée par cet établissement est étalée sur 4 ans pour une licence. La première année est dédiée à l’amélioration des capacités linguistiques afin de, non seulement s’adapter au modèle pédagogique anglosaxon, mais aussi de se familiariser avec les sujets de la spécialité choisie. L’échange des étudiants, les stages, les conférences et les interventions des entreprises sont des activités qui font également partie du programme. Quant aux débouchés, Nazzal confirme que les lauréats qui choisissent d’intégrer le domaine professionnel sont sollicités par les multinationales. Il rajoute que la maîtrise des langues joue énormément en faveur des diplômés. Ces expériences réussies d’universités privées ont séduit le premier groupe d’enseignement privé dans le monde, Laureate International Universities. Ce leader mondial compte à son actif environ 45 universités privées à l’échelle internationale. Au Maroc, l’université internationale de Casablanca (UIC), dont l’ouverture est prévue en septembre 2010, sera la première en Afrique. «A aujourd’hui, l’UIC est le seul établissement privé reconnu par l’Etat marocain. Notre mission consiste essentiellement à combler un vide en répondant aux attentes des plans Emergence et Najah en matière de ressources humaines qualifiées et ce, dans différents domaines», confie Laura Kakon, vice-présidente de l’UIC. Pour réaliser leurs ambitions, les dirigeants tiennent à se plier aux standards exigés que ce soit au niveau de cours ou même de l’aménagement des locaux. Concernant la formation, l’approche de l’université est différente. Elle offre un système d’enseignement qui se base sur un mixage entre la théorie et la pratique. «Notre formation est axée surtout sur la préparation à la réussite professionnelle et l’insertion dans le monde de l’entreprise», précise la vice-présidente. Ce système adopté par les universités internationales est recherché par les entreprises, contrairement aux facultés marocaines pénalisées par un enseignement resté classique.


